L’exposition présentée par le photographe
Dès mon premier contact avec le massif pyrénéen, j’ai rapidement réalisé que ce territoire constituait un terrain d’exploration si vaste qu’une vie entière ne suffirait qu’à en effleurer la surface. Ce « lointain » que je recherchais tant était en fait juste là, à portée de main : il me suffisait de gagner les reliefs pour le découvrir, et m’immerger dans une nature intacte.
C’est au cours de ces premières ascensions qu’a débuté la série « Terres Perdues », née des sentiments propres à l’expérience solitaire des cimes. Il émane une certaine puissance des hautes altitudes sauvages. De vaporeux sentiments s’y entremêlent : fascination, angoisse, humilité. Une étrangeté omniprésente réveille en nous des instincts enfouis, ramenant l’esprit au stade d’une contemplation craintive face aux forces brutes qui semblent habiter ces immensités.
Sous des influences picturales et cinématographiques, inspiré par la philosophie de certains auteurs comme Henry Russell ou John Muir, j’ai ainsi développé peu à peu une démarche artistique en prenant le parti de fuir toute trace humaine pour évoquer une époque antérieure à l’anthropocène, un ailleurs primitif et intact. Dans cette perspective, les éléments climatiques les plus tourmentés agissent comme un révélateur, ouvrant des fenêtres éphémères sur un univers insoupçonné, et exacerbant le sauvage qui y règne.

Le photographe par lui-même

Né dans la campagne du Périgord, j’ai longtemps cherché le sauvage dans mon environnement. En parallèle de ce besoin de nature, la création m’a toujours attiré : d’abord la musique, puis l’image, qui s’est rapidement liée à l’écriture. Assez vite, la photographie est devenue primordiale, passant de simple outil de témoignage à véritable moyen d’expression artistique.
C’est en emménageant à Toulouse à l’été 2011 pour suivre des études dans ce domaine que j’ai finalement découvert le terrain d’aventure que je recherchais tant : le massif pyrénéen. Depuis mes premiers bivouacs en solitaire, ces montagnes n’ont jamais quitté mon esprit, au point de finalement élire domicile dans le nord des Hautes-Pyrénées.
Après deux années d’études de photographie à l’école ETPA, cette passion a pris la forme d’un métier auquel j’ai choisi de consacrer ma vie, travaillant sur différentes séries essentiellement articulées autour des territoires sauvages ; toutes animées d’une volonté commune d’immersion : ne pas se contenter de montrer ce que je vois, mais tenter de faire ressentir ce que je vis.
Site web : https://maximedaviron.com/

